En 1777 se crée la « Société des auteurs et compositeurs dramatiques », à l’initiative de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais. Avant, quelques écrivains cherchaient bien à protéger leurs œuvres et leurs droits d’auteur mais il leur fallait souvent passer par des éditeurs suisses ou hollandais pour obtenir quelques assurances de protection élémentaire de leurs écrits…

Mais les lois peuvent protéger comme elles peuvent arbitrairement déraper selon l’interprétation abusive autant qu’allusive de tel ou tel magistrat.

« L’esprit des lois », cher à Montesquieu étant la plus vibrante et vivante illustration de cette double lecture, qui fait en cette aube du XXIè siècle les délices des hommes de robe et de leurs bras armés, les gens des médias.

« Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la législation », disait encore Montesquieu.

Dans son livre Une décision d’injustice, Corinne Morel explique cliniquement comment de la défense de ses droits d’auteure, une écrivaine, victime de plagiat, devient coupable. Les plagiaires se plaignent de ne pas pouvoir plagier… et l’auteure se trouve condamnée à des amendes et frais de justice indus ! Joseph Joubert ne disait-il pas « qu’il y a des indulgences comme des complaisances, auprès de faux plaignants, qui sont des dénis de justice » ?

Ce présent livre est édifiant quant à cette construction intellectuelle et judiciaire transformant une naturelle requête et un juste droit de reconnaissance en un parcours kafkaïen, un labyrinthique combat contre le « Moloch » de l’injustice criante et du mensonge patenté.

« La vérité et la justice sont souveraines car elles seules assurent la grandeur des nations », criait Emile Zola lors de l’affaire Dreyfus. En lisant ce présent livre on ne ressent guère cette notion de grandeur, nous sommes plutôt dans les tréfonds de Lilliput.

Corinne Morel se bat et nous serons inlassablement à ses côtés, pour que justice retrouve raison car comme disait, moins sérieusement (quoique ?), Michel Audiard paraphrasant Frédéric Dard (alias San Antonio) « la justice c’est comme la Sainte Vierge, si on ne la voit pas de temps en temps, le doute s’installe ».

Alors croyons aux miracles, non ceux des loups, mais ceux des agneaux toujours opprimés et qui sait, peut-être qu’après la publication de cet ouvrage, en quelque grotte de la pensée humaine ou au-delà des méandres tortueux des pensées magistrales, la Justice, telle la Sainte Vierge à Lourdes, daignera apparaître dans tout l’éclat de son apparat, à savoir nue comme l’est toujours la Vérité.

Jacques Bruyas
Romancier, auteur dramatique,
Président de l’Union des écrivains Auvergne-Rhône-Alpes et de l’Association Internationale des écrivains et éditeurs francophones.

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